
La nuit tombe, nous conduisons et oui, je sens que ça monte : "San Quitin : 40km"
Nous arrivons à San Quitin, petit bled de passage pour mexicains abandonnés par la nuit sur la route. Mmm... Hostile. Je décélère et me relève de mon siège scrutant sur les côtés de la route un hôtel qui pourra nous abriter. Nous savons qu'ils rodent et nous scrutent. Pensez-vous ! Deux touristes innocents comme nous en pleine nuit...
Après de longues minutes, nous nous décidons à prendre une petite route censée nous mener à un hôtel indiqué par une vieille pancarte. Aucune lumière au loin. L'hôtel est-il ouvert ? Est-ce un piège tendu sur nous ? Existe t-il vraiment ? Les trafiquants tapis dans les buissons au bord de la route guettent le moment propice où ils pourront surgir. Nous ne les discernons pas bien mais pouvons clairement croiser leurs yeux luisants dans la nuit comme des félins. Ca monte... Et c'est bon.
Me reviennent alors les conseils de ma mère inquiète lors de ce qu'il pourrait être ma dernière conversation avec elle : "ne conduis surtout pas la nuit !". Les mots de Chris à Camille résonnent de plus en plus fort : "ne conduis pas la nuit". Je repense à Baptiste qui - de retour de Colombie - me disait à quel point la guerre des gangs au Mexique faisait rage : "20 000 morts". Les images et avertissements s'enchainent dans ma tête. No Country For Old Men me paraît si réel avec ses mexicains sanguinolents. Merde Javier !!! Suis sûr qu'on va croiser un con d'ce genre avec sa bouteille à péter des cranes !!!!
Nous arrivons enfin à l'hôtel... Des lumières mais aucune voiture sur le parking. Nous prenons une chambre. La nuit sera courte, je repense dans mon lit à ces ados tués sauvagement au Mexique il y a quelques mois (un vrai bain de sang !)...
... Ca monte, je n'en peux plus, ça y est, j'ai vraiment peur : JE SUIS AMERICAIN !!!!
Yeah !
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