30 nov. 2010

Je m'appelle Manolito, j'ai huit ans et je vis à Tijuana

Olà ! Je m'appelle Manolito, j'ai huit ans et je vis à Tijuana. Vous connaissez certainement ma ville pour ses clubs à stripteases, ses casinos, sa drogue et ses bars dans lesquels la jeunesse américaine vient se défouler et prendre ses premières cuites (pour rappel, illégales chez eux jusqu'à 21 ans). Toutes ces images ne sont que les ombres sinistres des merveilles qui illuminent mon coeur d'enfant de famille nombreuse. Tijuana est ma ville et j'en suis fier. Quelle ville peut se vanter de voir passer chaque jour plus de 100 000 personnes visiter notre charmant poste frontière à l'architecture si pittoresque et raffinée ? Et que dire que nos hôtes d'accueil si chaleureux que vous appelez vulgairement "douaniers" ? Quarante millions de personnes par an dans un village, ça vous fait saliver hein Señor Delanaoe !

Prenant conscience très tôt du potentiel économique offert par notre poste frontière, nous avons monté ma grande soeur et moi, une société spécialisée dans le divertissement touristique en porte à porte. Notre étude de marché a clairement révélé que le secteur de l'alimentation (sodas, glaces, tacos) était saturé tout comme la vente d'objets d'arts (nains de jardin en forme de Mario Bros, poteries, panchos d'équipe de foot US...). Après avoir songé pendant un temps au fundraising (levée de fond), nous avons finalement décidé de conquérir le secteur de l'entertainment et avons élaboré un numéro de jonglerie permettant aux pauvres automobilistes coincés durant 2,5km de queue et 3h d'attente de profiter de tout notre talent. Le principe est simple et nécessite un investissement réduit à son strict minimum : ma soeur me porte sur ses épaules et je jongle avec passion avec mes trois (deux quand j'en fais pas tombé une) boules remplies de sable. Bon, nous en sommes encore à un stade de développement mais nous nous faisons petit à petit notre public et ne désespérons pas de passer à 4 balles d'ici un an ou deux.

Autant vous dire, j'aime mon métier, j'aime ma ville mais surtout : j'aime ma vie. Je vois le monde entier défiler sous mes yeux à longueur de journée et je pense connaître les Etats-Unis bien mieux que la plupart des américains eux-mêmes. J'ai croisé plus d'hommes d'affaires, plus d'étudiants, plus de voitures et plus de familles américaines que vous en croiserez dans votre vie entière ! Les Etats-Unis s'offrent à moi tous les jours dans un condensé m'évitant toute frustration et toute envie de franchir la frontière. Franchement, pourquoi vouloir vivre au pays de l'oncle Sam quand on a les mêmes Burger Kings, les mêmes problèmes de subprimes, les mêmes armes, la même faille de San Andrea sous les pieds et les mêmes dollars chez soi !

La frontière est devant vous, je lui tourne le dos fièrement car j'ai la vie devant moi !

Je m'appelle Manolito, j'ai huit ans et je vis à Tijuana

29 nov. 2010

Tiens, je reprendrais bien du désert !





Thanksgiving en Bahia ?!

Jeudi 25 novembre : Thanksgiving !

Je n'aurai jamais pensé fêter Thanksgiving et encore moins à Bahia de Los Angeles. Les quelques guests présents viennent tous de San Diego et ont visiblement tous rompu avec la tradition voulant que l'on souhaite Thanksgiving en famille. Ca ne les empêchent pas de vouloir fêter la dinde (on en bouffera 2 énormes) comme il se doit avec les traditionnels matches de foot US en guise de digestion avant le dodo (car il paraît que la dinde contient un acide aminé qui fait dormir...).

Bestioles in Bahia





A noter la présence d'un lion de mer derrière les oiseaux. Bon, j'écris ça, j'écris rien...


Welcome to Bahia !!!

Après avoir survécu aux trafiquants, aux camions, aux cactus et aux 500km de désert, nous voilà arrivés dans ce qui allait devenir notre paradis sauvage durant 4 jours : Bahia de Los Angeles
Bon, je crois que je vais définitivement perdre quelques amis travailleurs dans les lignes qui suivent. J'essaierai donc de ne pas m'attarder sur ce petit village de pêcheurs en bord de mer de Cortèz ("l'aquarium du monde" selon le commandant Cousteau). Nous posons donc nos bagages à la Villa Bahia, sorte d'hôtel-maison d'hôtes en bord de plage.

Etrange sensation que de découvrir un tel paysage que je ne m'étais jamais imaginé auparavant. Le désert se jette dans cette baie sauvage (même pas fait exprès ce calembour) où cohabitent toutes sortes d'oiseaux et poissons (Goélands, dauphins, lions de mer, yellowtails, requin-baleines et baleines tout court).


Nous sommes reçus par deux américains d'environ 30 ans qui ont tout des parfaits branleurs (on dirait Wayne's World au Mexique). Leur programme quotidien consiste à pêcher depuis leur kayak le matin, donner à bouffer aux 9 chiens et aux "on sait pas combien mais beaucoup" de chats, regarder la TV US reçue par satellite et dormir... Signe particulier : une excroissance au niveau du bras droit semble s'être développé de façon accrue depuis leur arrivée. Les doigts de leur main droite ont progressivement disparu pour donner naissance à une forme plus au moins ovale de nature vitreuse sur laquelle on peut lire "pacific beer"...
Cette malformation mise à part, ils ont gardé un sens du service dont certaines hôtesses chez Air France devrait s'inspirer. Voyez plutôt : un feu sur la plage est régulièrement allumé autour duquel nous sirotons des bières et partageons de bonnes bouffées de rire. C'est alors, que ces hôtes proposent à leurs guests avec un grand sourire béat un très bon risotto aux champignons mais sans risotto. Preuve qu'avec un grand sourire, on peut faire passer n'importe quoi !

A noter également, de très bonnes idées pour accueillir leurs guests (vu sur le bord de la route menant à la Villa Bahia) :

Welcome to the desert





Ca y est, je suis américain !

Fin de notre première journée au Mexique et je sens que ça monte... Petit à petit mais ça monte. Bien que mes repères se retrouvent bousculés avec ces limitations en "km", nous poursuivons en pilote automatique notre route pendant que le soleil descend au loin. Les phares des rares pick-ups que nous croisons s'allument un à un, le ciel et ses nuages peignés par le vent s'enflamment, les coyotes rodent pendant que les serpents à sonnettes sortent de leur cachette à la recherche de souris et autres lapins...

La nuit tombe, nous conduisons et oui, je sens que ça monte : "San Quitin : 40km"
Nous arrivons à San Quitin, petit bled de passage pour mexicains abandonnés par la nuit sur la route. Mmm... Hostile. Je décélère et me relève de mon siège scrutant sur les côtés de la route un hôtel qui pourra nous abriter. Nous savons qu'ils rodent et nous scrutent. Pensez-vous ! Deux touristes innocents comme nous en pleine nuit...
Après de longues minutes, nous nous décidons à prendre une petite route censée nous mener à un hôtel indiqué par une vieille pancarte. Aucune lumière au loin. L'hôtel est-il ouvert ? Est-ce un piège tendu sur nous ? Existe t-il vraiment ? Les trafiquants tapis dans les buissons au bord de la route guettent le moment propice où ils pourront surgir. Nous ne les discernons pas bien mais pouvons clairement croiser leurs yeux luisants dans la nuit comme des félins. Ca monte... Et c'est bon.

Me reviennent alors les conseils de ma mère inquiète lors de ce qu'il pourrait être ma dernière conversation avec elle : "ne conduis surtout pas la nuit !". Les mots de Chris à Camille résonnent de plus en plus fort : "ne conduis pas la nuit". Je repense à Baptiste qui - de retour de Colombie - me disait à quel point la guerre des gangs au Mexique faisait rage : "20 000 morts". Les images et avertissements s'enchainent dans ma tête. No Country For Old Men me paraît si réel avec ses mexicains sanguinolents. Merde Javier !!! Suis sûr qu'on va croiser un con d'ce genre avec sa bouteille à péter des cranes !!!!

Nous arrivons enfin à l'hôtel... Des lumières mais aucune voiture sur le parking. Nous prenons une chambre. La nuit sera courte, je repense dans mon lit à ces ados tués sauvagement au Mexique il y a quelques mois (un vrai bain de sang !)...

... Ca monte, je n'en peux plus, ça y est, j'ai vraiment peur : JE SUIS AMERICAIN !!!!

Yeah !

Road trip to Mexico

Mardi 22 novembre : après un bref brainstorming sur le cap à prendre, nous voici partis avec Camille pour le Mexique sans idée précise de l'endroit où nous atterrirons.

La principale ville sur laquelle nous tombons est Ensenada (nous faisons littéralement abstraction de Tijuana que nous aurons l'occasion de "découvrir" à notre retour...). Intéressant de comparer les échanges commerciaux entre les Etats-Unis et le Mexique. Le Mexique importe de la drogue et les EU exporte l'obésité chez les femmes et l'image du Marlboro Man chez les hommes. Il n'empêche que le changement de décor est brutal et je retrouve avec plaisir une ambiance latine plus chaleureuse
Premier stop à Ensenada et premiers quesadillas...

Sortie d'Ensenada : route à perte de vue et début du désert

22 nov. 2010

Premier jour à San Diego





Sun is shinning the weather is sweet...

Comme disait JCVD


"La meilleure façon de ne pas regarder derrière, c'est de regarder devant"

The 25th hour... With QBert !


Mais quand je vous dis que j'ai une mussel énorme !!!
Pas plus tard que hier (comprenez la veille de cette dernière soirée), je m'étais arrêté dans la rue sur une affiche annonçant le concert de DJ QBert. Me voilà donc toujours à la gallerie quand on me propose de me joindre au groupe pour aller à cette soirée. Quelques heures plus tard, je me retrouve dans la loge de Q-Bert en VIP !!!

The 25th hour


Dernière soirée à SF...
Rendez-vous avec Karanina rencontrée le premier soir pour un verre très sympa avant de nous rendre au vernissage d'une expo dans la gallerie dans laquelle elle travaille. Très bonne ambiance avec pas mal de jeunes du quartier, nouvelles rencontres...

L'un des artistes présente des branches de bois peintes. Certains trouvent ça génial, perso ça ne me fait rien... Ou presque car me voilà soudain pris d'un fou rire bien sourire solitaire qu'il aurait été bien difficile d'expliquer à ces hipsters californiens mais que certains comprendront en référence à Christian. Christian ? Mais oui !!!
Ok, indice : "Putain Roger c'était les jambes !!!!!"
... Quand Espigoule résonne à 10000km

Divers...






MOMA // Henri Cartier-Bresson


Samedi 20 novembre, dernier journée à SF avant le départ demain pour SD. Après avoir pas mal vagabondé ces derniers jours, je souhaite me faire une expo et si possible une expo photo. Mes recherches m'indiquent une galerie à côté du MOMA avec une excellente sélection de photographes américains (Diane Arbus notamment...). Inspiré par cette première expo, je me dirige vers le MOMA prenant au passage quelques photos. C'est une fois arrivée au MOMA que je réalise que j'ai vraiment mais vraiment une "big mussel". En effet, je tombe sur THE exposition d'Henri Cartier-Bresson que j'adore. Marrant donc de me faire enfin une expo de lui... A San Francisco !
J'en profite ensuite pour me ballader dans le musée , prendre quelques photos et découvrir une expo dédiée au vin vraiment très chouette...




"This way Georges"